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La S.A.R.L (Société à
responsabilité limitée) est la forme de société la plus
répandue en France.
Elle a pour principale caractéristique de limiter la responsabilité des
associés. Elle peut s'adapter à de nombreuses situations, d'où son surnom de
société "passe-partout".
Associés:
La S.A.R.L doit être constituée de 2 associés au minimum et de 100 au
maximum.
Il peut s'agir de personnes physiques ou morales.
Engagement financier
Le montant du capital social est librement fixé par les associés en fonction
de la taille, de l'activité, et des besoins en capitaux de la société.
Attention ! Si le montant du
capital social n'est pas cohérent avec les exigences économiques du projet,
il n'est pas exclu que la responsabilité personnelle du gérant et/ou des
associés fondateurs soit engagée.
Les apports peuvent être réalisés en espèces ou en nature.
Les apports en espèces doivent être libérés d'au moins un cinquième de leur
montant au moment de la constitution de la société. Le solde doit
impérativement être libéré dans les 5 ans.
A noter : les associés sont
responsables des dettes sociales à hauteur du capital souscrit, même si le
capital social n'est libéré que pour partie lors de la constitution.
Les apports en industrie sont autorisés. Ils n'entrent toutefois pas dans la
constitution du capital social, mais ils ouvrent droit pour l'associé de
participer au vote en assemblée générale et de participer au partage des
bénéfices. Dans ce cas, il a droit à une part au moins égale à celle de
l'associé qui a fait l'apport le plus faible en espèces ou en nature, sauf
clause contraire des statuts.
Le capital peut être variable. Il doit alors être compris en permanence
entre un minimum et un maximum fixé par les statuts. Cette option a pour
principal avantage l'absence de formalisme pour les opérations
d'augmentation ou de diminution du capital.
Les S.A.R.L peuvent émettre des obligations nominatives (art. L.223-11 du
code de commerce). Cette possibilité est néanmoins réservée aux S.A.R.L
répondant à deux critères :
* avoir établi les comptes de trois exercices approuvés par les associés,
* être tenues, de nommer un commissaire aux comptes. C'est à dire, remplir 2
des 3 conditions suivantes :
+
Bilan > à 1 550 000 €
+
CA HT > 3 100 000 €
+
Nombre de salariés > 50
Responsabilité:
Simples associés : leur responsabilité est limitée aux apports.
Gérants :
Responsables de leurs fautes de gestion.
Responsables pénalement.
Fonctionnement:
La société est dirigée par un ou plusieurs gérants, personnes physiques
obligatoirement, nommés parmi les associés ou en dehors d'eux. En l'absence
de limitations statutaires, les gérants ont tous pouvoirs pour agir au nom
et pour le compte de la société. Leur nomination et leurs pouvoirs sont
fixés, soit dans les statuts, soit par un acte séparé.
Les associés se réunissent au minimum 1 fois par an en Assemblée générale
ordinaire (A.G.O).
L'approbation annuelle des comptes ainsi que les décisions ordinaires se
prennent en assemblée générale à la majorité simple (50 % + 1 voix).
Les décisions de modification des statuts se prennent en assemblée générale
extraordinaire à la majorité des 3/4 des voix. La minorité de blocage est
donc de 25 % + 1 voix.
Par exception, les décisions d'agrément de cessions de parts sociales (voir
paragraphe "transmission") se prennent à la majorité des associés
représentant au moins la moitié des parts sociales, sauf si les statuts
prévoient une majorité plus forte.
Pour les S.A.R.L constituées entre 2 associés égalitaires : en cas de
désaccord entre les associés, la seule issue est souvent la dissolution
judiciaire de la société.
Régime fiscal (société)
La S.A.R.L est soumise à l'impôt sur les sociétés. Le bénéfice fiscal est
obtenu après déduction de la rémunération du ou des dirigeants (s'ils sont
rémunérés).
Il est possible d'opter pour l'impôt sur le revenu lorsque la société est
constituée entre les membres d'une même famille.
Régime social des gérants
Il diffère selon que le gérant est majoritaire ou minoritaire. Un gérant est
majoritaire s'il détient, avec son conjoint (quel que soit le régime
matrimonial) et ses enfants mineurs, plus de 50 % du capital de la société.
Attention : S'il y a plusieurs
gérants, chaque gérant est considéré comme majoritaire dès lors que les
cogérants détiennent ensemble plus de la moitié des parts sociales.
Gérant majoritaire :
Il est rattaché aux caisses des travailleurs non-salariés (T.N.S).
Gérant minoritaire :
Il est "assimilé-salarié" au regard de sa protection sociale (hors chômage)
C'est-à-dire que pour sa rémunération en qualité de gérant, il bénéficie du
régime de sécurité sociale et de retraite des salariés, mais non de
l'assurance chômage et des dispositions du droit du travail.
Le gérant minoritaire peut éventuellement cumuler les fonctions de gérant
avec un contrat de travail relatif à des fonctions techniques distinctes,
s'il est possible d'établir un lien de subordination entre lui et la
société.
Régime fiscal (gérants)
Quelle que soit leur situation, qu'ils soient minoritaires ou majoritaires,
détenteurs de plus ou moins 35 % des droits sociaux.. les gérants relèvent
du même régime fiscal que les salariés. Leurs rémunérations sont par
conséquent imposées dans la catégorie des Traitements et Salaires.
Ils ont le choix entre déduire de leurs revenus leurs frais professionnels
réels et justifiés, ou appliquer la déduction forfaitaire de 10%. Par
ailleurs, ils bénéficient de l'abattement général de 20% dans les mêmes
conditions que les salariés.
Transmission
Cession de parts sociales
Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société
qu'avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la
moitié des parts sociales, à moins que les statuts prévoient une majorité
plus forte.
Les cessions de parts entre associés, conjoints, ascendants et descendants
sont quant à elles libres. Mais les statuts peuvent prévoir un agrément dans
les mêmes conditions de majorité que pour les tiers. C'est un point sur
lequel il convient d'être vigilant lors de la rédaction des statuts.
Fiscalité
Droits d'enregistrement (à la charge de l'acquéreur).
Impôt sur les plus-values (à la charge du vendeur)
Principaux avantages
Responsabilité des associés limitée aux apports.
Structure évolutive facilitant le partenariat.
Possibilité pour le dirigeant d'avoir la couverture sociale des salariés.
Possibilité pour les associés non dirigeants d'être salariés de la société.
Charges sociales calculées uniquement sur la rémunération.
Principaux inconvénients
Frais et formalisme de constitution
Formalisme de fonctionnement
La loi pour l'initiative économique a rendu totalement libre la fixation du
capital de la S.A.R.L. En cela elle renforce la responsabilité des
créateurs.
En effet, si dans une S.A.R.L la responsabilité des associés est engagée à
hauteur de leurs apports, les textes prévoient qu'en cas de faute de
gestion, les dirigeants peuvent être appelés en comblement des pertes..Et le
fait de ne pas mettre à disposition de l'entreprise les moyens financiers
suffisants
* le capital en est un
* a déjà été jugé comme fautif
Le choix de la structure juridique revêt certes toujours une importance
primordiale, mais au dessus de ce niveau intervient la question du
financement de l'entreprise. De quels fonds l'entreprise a-t-elle besoin
pour assurer les premières semaines de son quotidien et/ou se crédibiliser
vis-à-vis du banquier au vu des premiers investissements ?
C'est avec votre analyse prévisionnelle que vous pourrez déterminer la
meilleure solution. Au cas fort improbable où les besoins financiers de
l'entreprise seraient quasi nuls, vous pourriez alors envisager un capital
de 1 € !
Conseils:
Si vous ne souhaitez pas figer des fonds en capital :
Choisissez un montant de capital raisonnablement faible,
Complétez le financement par des apports en compte courant d'associés,
Prévoyez un blocage de ces comptes courants sur une durée permettant à
l'entreprise de faire ses premiers bénéfices,
Vous pourrez ainsi par la suite récupérer ces fonds.